Un tournant réglementaire mondial
L'année 2026 marque un point d'inflexion dans la réglementation de l'intelligence artificielle. Après des années de discussions et de consultations, les cadres juridiques se concrétisent et les organisations doivent désormais passer de la veille à l'action.
Voici les cinq tendances majeures que nous suivons au Cercle de Gouvernance de l'IA.
1. L'AI Act entre dans sa phase opérationnelle
Depuis le 2 février 2025, les premières dispositions du règlement européen sont applicables. En 2026, les obligations relatives aux systèmes à haut risque commencent à produire leurs effets concrets :
- Les fournisseurs doivent mettre en place des systèmes de gestion de la qualité
- Les évaluations de conformité deviennent obligatoires avant la mise sur le marché
- Les bases de données de l'UE répertorient désormais les systèmes à haut risque
Pour les organisations canadiennes opérant sur le marché européen, l'heure n'est plus à l'observation mais à la mise en conformité active.
2. L'AIDA prend forme au Canada
Le volet intelligence artificielle du projet de loi C-27 continue son chemin parlementaire. Les consultations ont permis de préciser plusieurs aspects clés :
- La définition des systèmes à « incidence élevée »
- Les mécanismes d'application et de sanction
- Le rôle du futur Commissaire à l'intelligence artificielle et aux données
Les organisations qui ont anticipé en mettant en place des cadres de gouvernance dès maintenant seront en position de force lors de l'adoption définitive.
3. La norme ISO 42001 devient un standard de marché
La certification ISO/IEC 42001 n'est plus un simple avantage concurrentiel, elle devient progressivement une exigence contractuelle. Nous observons une tendance claire :
- Les grands donneurs d'ordres intègrent la certification dans leurs appels d'offres
- Les investisseurs demandent des preuves de gouvernance IA structurée
- Les partenaires internationaux la considèrent comme un prérequis
Au Québec, le nombre d'organisations en démarche de certification a triplé en un an.
4. L'émergence de normes sectorielles
Au-delà des cadres généraux, des réglementations sectorielles spécifiques à l'IA apparaissent :
- Santé : les régulateurs exigent des validations cliniques spécifiques pour les algorithmes de diagnostic
- Finance : l'AMF et le BSIF renforcent les exigences de transparence algorithmique
- Éducation : des balises encadrent l'utilisation de l'IA générative dans les institutions
- Secteur public : le Secrétariat du Conseil du trésor met à jour le cadre MCN avec des dispositions IA
Cette fragmentation sectorielle complexifie la conformité pour les organisations qui opèrent dans plusieurs domaines.
5. La gouvernance de l'IA générative se formalise
L'IA générative, avec ses risques spécifiques (hallucinations, propriété intellectuelle, confidentialité), fait l'objet d'une attention réglementaire croissante :
- Les obligations de transparence se précisent : les contenus générés par l'IA devront être identifiés
- Les politiques d'utilisation acceptable deviennent la norme dans les organisations
- Les questions de droits d'auteur sur les contenus générés restent un sujet juridique ouvert
Ce que nous recommandons
Face à cette accélération réglementaire, notre conseil est clair : structurez votre gouvernance maintenant. Les organisations qui attendent l'adoption définitive des lois pour agir accumulent une dette de conformité qui sera coûteuse à résorber.
Les outils du Cercle, registre des systèmes IA, grilles d'évaluation des risques, modèles de politiques, sont conçus pour vous permettre de démarrer rapidement et de vous adapter au fur et à mesure que le cadre réglementaire se précise.



