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IA à l'école : la France impose une heure par semaine, le Québec mise sur l'intégration

La France a annoncé le 23 juin 2026 une heure hebdomadaire obligatoire de formation à l'IA dès 2027. Le Québec a choisi une voie différente, fondée sur l'intégration dans la compétence numérique.

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Florian Brobst
Fondateur & Directeur · 24 juin 2026

La littératie de l'intelligence artificielle (IA) désigne la capacité à comprendre, utiliser et évaluer de façon critique les systèmes d'IA. Le 23 juin 2026, la France a annoncé qu'elle l'inscrirait au programme scolaire obligatoire dès la rentrée 2027, relançant un débat au Québec : faut-il un cours dédié à l'IA ou suffit-il de l'intégrer aux apprentissages existants ? Les deux approches reflètent des choix de gouvernance éducative distincts.

Qu'a annoncé la France le 23 juin 2026 ?

Le premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé le 23 juin 2026 que tous les élèves de seconde (l'équivalent du secondaire 4 québécois) recevront une heure de formation à l'IA chaque semaine à partir de la rentrée 2027. L'initiative, pilotée par le ministre Édouard Geffray, s'intègre au cours de sciences numériques et technologie.

Le programme couvre cinq volets : le fonctionnement des modèles, leurs usages, l'éthique, la souveraineté numérique et l'esprit critique face aux manipulations et à la désinformation. La France rejoint ainsi des pays comme la Chine, qui inscrivent déjà l'IA dans leurs curriculums nationaux.

Comment le Québec encadre-t-il l'IA en éducation ?

Le Québec n'a pas créé de cours obligatoire dédié à l'IA. Il a plutôt fait le choix d'intégrer la littératie de l'IA dans son outil de référence existant. Le 21 avril 2026, le ministère de l'Éducation, en partenariat avec le ministère de l'Enseignement supérieur, a publié la mise à jour 2026 du Cadre de référence de la compétence numérique.

Cette révision est substantielle. Selon le Collimateur de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), elle s'appuie sur l'analyse de 88 initiatives internationales et de 353 documents portant sur la littératie de l'IA, dont 31 jugés essentiels, ainsi que sur la consultation de plus de 100 spécialistes en 2025. Plutôt que d'ajouter une treizième dimension consacrée à l'IA, le cadre conserve ses 12 dimensions et fait traverser la littératie de l'IA à travers elles lorsque le contexte s'y prête.

La logique québécoise privilégie quatre paliers d'action plutôt qu'un volume horaire imposé :

  1. Comprendre le fonctionnement et les limites des systèmes d'IA.
  2. Utiliser les outils de manière appropriée et encadrée.
  3. Analyser les résultats produits avec un regard critique.
  4. Créer en mobilisant l'IA de façon éthique et responsable.

Quels outils accompagnent les enseignants québécois ?

Au-delà du cadre, le gouvernement a déployé des ressources concrètes. Le ministre de l'Éducation Bernard Drainville a diffusé un guide destiné au personnel enseignant, intitulé « L'utilisation pédagogique et éthique de l'intelligence artificielle générative », qui précise les critères d'un usage pédagogique, éthique et légal.

Pour l'enseignement supérieur, la ministre Martine Biron a dévoilé le 15 juin 2026 trois nouveaux outils : un portrait des cas d'usage de l'IA, un inventaire des activités de formation et de sensibilisation, et un recueil d'activités de partage et de ressources. Ces outils ont été élaborés avec des partenaires comme l'Université de Montréal et le collectif COlab, et visent les étudiants, le personnel enseignant et le personnel administratif.

Cours dédié ou intégration : quels enjeux de gouvernance ?

Les deux modèles comportent des avantages et des risques. Un cours obligatoire, comme celui de la France, garantit que chaque élève reçoit un socle commun de connaissances et rend la formation mesurable. Il exige toutefois des enseignants formés, des programmes stables et un volume horaire pris sur d'autres matières.

L'approche par intégration, retenue par le Québec, mise sur la souplesse et l'adaptabilité face à une technologie qui évolue vite. Son principal risque est l'inégalité de mise en œuvre : sans heure dédiée ni obligation chiffrée, la qualité de la formation peut varier fortement d'une école à l'autre, selon les ressources et l'aisance numérique du personnel.

Le débat québécois reste par ailleurs largement centré sur l'encadrement du temps d'écran à l'école, plutôt que sur la place de l'IA dans les programmes. L'annonce française pourrait déplacer cette conversation vers une question plus structurante : quel niveau de littératie de l'IA l'État doit-il garantir à chaque élève, et par quels moyens contraignants ?

Questions fréquentes

Le Québec impose-t-il un cours d'IA obligatoire à l'école ?

Non. En date de juin 2026, le Québec n'a pas de cours obligatoire dédié à l'IA. Il intègre la littératie de l'IA dans le Cadre de référence de la compétence numérique mis à jour le 21 avril 2026, qui traverse 12 dimensions plutôt que d'imposer un volume horaire précis.

Que prévoit la France à partir de 2027 ?

La France instaurera une heure hebdomadaire de formation à l'IA pour tous les élèves de seconde dès la rentrée 2027. Le programme aborde le fonctionnement des modèles, les usages, l'éthique, la souveraineté numérique et l'esprit critique face à la désinformation.

Qu'est-ce que la compétence numérique au Québec ?

Le Cadre de référence de la compétence numérique est l'outil officiel du gouvernement du Québec qui définit les habiletés numériques attendues. Sa version 2026 organise ces habiletés en 12 dimensions et quatre paliers d'action : comprendre, utiliser, analyser et créer.

Quels outils existent pour les enseignants ?

Le ministère de l'Éducation a publié un guide sur l'usage pédagogique et éthique de l'IA générative pour le personnel enseignant. Le 15 juin 2026, l'Enseignement supérieur a ajouté trois outils : un portrait des cas d'usage, un inventaire de formations et un recueil de ressources.

Sources

  • Journal de Sherbrooke, « Intelligence artificielle à l'école : le Québec doit-il suivre la France ? » (23 juin 2026) : https://www.journaldesherbrooke.com/2026/06/23/intelligence-artificielle-a-lecole-le-quebec-doit-il-suivre-la-france/
  • Collimateur, UQAM, « Cadre de référence 2026 de la compétence numérique au Québec » : https://collimateur.uqam.ca/collimateur/cadre-de-reference-2026-de-la-competence-numerique-au-quebec/
  • Gouvernement du Québec, « Intelligence numérique en éducation » : https://www.quebec.ca/education/intelligence-numerique-education
  • Newswire / Gouvernement du Québec, « Québec dévoile de nouveaux outils pour soutenir l'intégration de l'IA dans le réseau de l'enseignement supérieur » (15 juin 2026) : https://www.newswire.ca/fr/news-releases/intelligence-artificielle-en-enseignement-superieur-quebec-devoile-de-nouveaux-outils-pour-soutenir-l-integration-de-l-intelligence-artificielle-dans-le-reseau-de-l-enseignement-superieur-886040573.html
  • Radio-Canada, « Québec lance un guide d'utilisation de l'intelligence artificielle dans les écoles » : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2119884/drainville-guide-utilisation-intelligence-artificielle-ecoles

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Florian Brobst
Fondateur & Directeur

Spécialiste en gouvernance de l’intelligence artificielle, Florian accompagne les organisations dans la mise en place de cadres de gouvernance responsables et conformes aux réglementations émergentes.

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